Une étude de Reputation Age et Bubbling sur 39 sociétés du CAC 40 relève que 40 % des chiffres donnés par ChatGPT et Gemini sont incorrects. Même quand l’IA s’appuie sur le site officiel de l’entreprise, elle peut se tromper d’indicateur.
L’essentiel en 30 secondes dans notre Short :
Ce qui se passe
Reputation Age et Bubbling ont demandé à ChatGPT et à Gemini de restituer les résultats semestriels 2026 de 39 sociétés du CAC 40. Les tests ont eu lieu du 25 au 28 août : 8 671 conversations et 34 684 réponses analysées, selon Influencia et MoneyVox. Résultat : 60 % de bonnes réponses, donc 40 % de chiffres faux. L’étude a été relayée le 28 septembre.
Le plus frappant : l’IA ne va pas chercher n’importe où. 78 % des informations utilisées viennent des sites officiels des entreprises, contre 2,4 % des sites financiers, d’après Influencia. Les erreurs viennent souvent de la lecture : sur la croissance, 24 % des erreurs sont des chiffres réels associés au mauvais indicateur, par exemple croissance organique et croissance publiée, ou données trimestrielles et semestrielles.
Les chiffres à retenir
- 40 % de chiffres incorrects sur l’ensemble des réponses.
- 67 % de bonnes réponses sur le résultat net, 66 % sur la dette nette, 57 % sur l’EBITDA, seulement 42 % sur la croissance publiée.
- 81 % de réussite pour Capgemini, 32 % pour Crédit Agricole.
- 78 % des informations viennent des sites officiels des entreprises.
Les limites / à nuancer
L’étude est à prendre avec prudence. Dans les sources consultées, les questions exactes, les versions des modèles et la méthode complète ne sont pas publiées, et aucun contrôle externe n’est mentionné. Un interrogateur automatisé ne se comporte pas non plus comme un analyste qui précise sa demande. Autre point de contexte : une étude antérieure de Reputation Age, publiée en mars 2026 sur d’autres indicateurs, relevait des taux de réponses exactes bien plus bas, de 7 à 13 % selon le modèle. Le constat reste utile : même avec la bonne source, l’IA peut confondre les indicateurs.
Ce que ça change au travail
Beaucoup de professionnels demandent déjà à une IA un chiffre d’affaires, une marge ou une dette pour préparer une réunion, un dossier fournisseur ou une analyse de marché. Un chiffre faux, présenté avec assurance, peut finir dans une présentation. Le risque touche les achats, la finance, le conseil et toute fonction qui compare des entreprises.
Le bon réflexe tient en une phrase à ajouter à votre demande :
Quel indicateur exact utilises-tu (publié, organique, à taux de change constants) ? Donne la source et la page.
Ensuite, vérifiez dans le document officiel avant de reprendre un chiffre.
Notre avis
L’IA gagne du temps pour trouver et résumer, pas pour trancher. Elle ne remplace pas la lecture du rapport quand le chiffre compte. Le contrôle humain reste le dernier maillon : ce qui compte, c’est de savoir quelle question poser et quel chiffre vérifier.
Sources
- Reputation Age, « IA, informateurs artificiels ? » (étude de mars 2026, source primaire du même auteur ; l’étude d’août n’est pas publiée en ligne dans les sources consultées)
- Boursorama, « IA et investissement : CAC… 40 % d’erreurs ! » (28 septembre 2026)
- Influencia, « Quand l’IA se trompe sur les chiffres du CAC 40 »
- MoneyVox, « ChatGPT et Gemini se trompent sur 40 % des chiffres des entreprises du CAC 40 »


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