Selon le baromètre Data & IA de Coface, 60 % des entreprises françaises n’ont pas de cadre formalisé pour leurs usages de l’IA. Or l’AI Act impose déjà aux entreprises qui l’utilisent de former leur personnel.
Ce qui se passe
Coface a publié le 5 octobre la troisième édition de son baromètre Data & IA, réalisée avec Les Echos Etudes auprès de 900 décideurs. Le constat principal : 60 % des entreprises françaises n’ont pas de cadre formalisé pour leurs usages de l’intelligence artificielle. Dans le même temps, 67 % des décideurs jugent leurs données fiables et pertinentes, contre 49 % en 2025, d’après RiskAssur-Hebdo. L’IA s’installe, les règles ne suivent pas toujours.
Le contexte réglementaire rend l’écart plus sensible. L’article 4 de l’AI Act est applicable depuis le 2 février 2025 : les entreprises qui utilisent l’IA doivent prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’IA de leur personnel. Selon la Commission européenne, la supervision par les autorités nationales de surveillance du marché débute le 2 août 2026.
Les chiffres à retenir
- 60 % des entreprises françaises sans cadre formalisé pour l’IA.
- 900 décideurs interrogés, troisième édition du baromètre.
- 67 % des décideurs jugent leurs données fiables, contre 49 % en 2025.
- 17 % s’estiment avancés dans l’usage de l’IA pour décider (RiskAssur-Hebdo).
Les limites / à nuancer
Les résultats reposent sur des déclarations de décideurs, sans mesure externe des pratiques réelles. L’étude complète n’est accessible qu’après un formulaire sur le site de Coface : cet article s’appuie sur les relais de presse, et les autres chiffres du baromètre (freins, écarts selon la taille des entreprises) varient selon les relais, donc ne sont pas repris ici.
Enfin, l’AI Act demande des mesures de formation, pas une charte écrite. La Commission précise qu’aucune formation certifiée n’est exigée et que les organisations peuvent tenir un registre interne des formations : un cadre formalisé n’équivaut donc pas à une conformité automatique.
Ce que ça change au travail
Si vous utilisez l’IA au travail sans règle claire, vous n’êtes pas seul, mais vous prenez un risque : coller un document confidentiel dans un outil grand public, reprendre une réponse sans la vérifier. Sans cadre, chacun décide de son côté, et c’est l’entreprise qui répond.
Pour une équipe, un cadre minimal tient en quelques lignes : quels outils sont autorisés, quelles données ne sortent jamais, qui relit avant diffusion, et où se former. Côté salariés, c’est une occasion : celui qui maîtrise l’IA et en connaît les règles devient la personne ressource de son service.
Notre avis
L’IA se déploie plus vite que les règles, et c’est un risque. Un cadre clair ne freine pas l’usage : il le rend sûr, donc plus large. L’IA doit rester sous contrôle humain, et cela commence par savoir ce qu’on a le droit d’en faire.
Sources
- Commission européenne, « AI literacy : questions and answers » (source primaire sur l’article 4 de l’AI Act)
- RiskAssur-Hebdo, « IA en entreprise : les usages progressent mais la gouvernance reste en retrait » (5 octobre 2026, cite le baromètre Coface)
- IA Tech au Quotidien, « IA : 60 % des entreprises françaises sans cadre face aux normes européennes »


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