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ChatGPT va filigraner ses textes en Europe : ce que ça change

3–4 minutes

OpenAI a annoncé le 5 octobre qu’elle va marquer les textes de ChatGPT et de Codex en Europe avec un filigrane invisible, caché dans le choix des mots. Il doit permettre de savoir si un texte vient d’une IA, mais il résiste mal à la réécriture.

L’essentiel en 30 secondes dans notre Short :

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Ce qui se passe

OpenAI déploiera ce filigrane, baptisé textGrain, « dans les semaines à venir » pour les utilisateurs européens de ChatGPT et de Codex, sur tous les forfaits. Le principe, décrit sur la page d’aide d’OpenAI : le modèle modifie de façon invisible le hasard de ses choix de mots. Le lecteur ne voit rien, mais un détecteur qui connaît la règle peut repérer le motif.

La raison est réglementaire : OpenAI indique agir pour se conformer à l’AI Act européen et au code de bonnes pratiques de la Commission sur la transparence des contenus générés par IA. Ce code n’exige pas de filigrane pour les textes de moins de 200 tokens, soit environ 150 mots en anglais.

Côté API, le filigrane reste désactivé par défaut. Les développeurs du monde entier peuvent l’activer volontairement. Anthropic avait de son côté annoncé un filigrane pour les textes de Claude, appliqué mondialement, selon l’Australian Computer Society.

Les chiffres à retenir

  • Environ 95 % de détection sur un passage de 400 tokens, environ 80 % sur 200 tokens (chiffres d’OpenAI relayés par FoneArena).
  • 66 % au lieu de 92 % de détection quand 10 % des mots sont remplacés par des synonymes, et 17 % quand 25 % des mots le sont (TechCrunch, FoneArena).
  • 42 à 69 % de détection selon la langue de l’Union européenne, du roumain (42,2 %) à l’espagnol (69,0 %), avec 1 % de faux positifs (page d’aide d’OpenAI).
  • Nettement plus bas sur les réponses de mathématiques, où le modèle a peu de marge dans ses choix de mots.

Les limites / à nuancer

Tous ces chiffres viennent d’OpenAI : aucun test indépendant n’est cité dans les sources consultées. Elles disent toutes la même chose : plus on retouche, moins on détecte. Une réécriture importante, une paraphrase ou une traduction rendent la détection moins fiable, et les textes courts et les calculs sont plus difficiles à repérer.

OpenAI précise elle-même que la présence du filigrane indique seulement qu’un de ses systèmes a produit le texte, sans dire quelle part de jugement ou de retouche humaine s’y ajoute. Enfin, le détecteur n’est pas public : l’accès est limité, au cas par cas, à des chercheurs et organisations approuvés, en raison du risque de filigranes manqués et de faux positifs.

Ce que ça change au travail

Pour vous, au quotidien, rien ne change à l’écran : le filigrane est invisible et le détecteur est hors de portée du grand public. Tant que l’accès reste réservé à des organisations approuvées, un enseignant ou un employeur ne pourra pas s’en servir pour trancher.

Au bureau, la leçon est ailleurs. Un texte copié tel quel depuis une IA reste un texte non vérifié, filigrane ou pas. Le relire, le corriger et le faire sien est ce qui le rend fiable, et c’est vous qui en répondez. Les entreprises qui automatisent des contenus via l’API devront, elles, décider si elles activent l’option.

Notre avis

Marquer les contenus générés par IA est une bonne idée pour la transparence, et l’Europe a raison de l’imposer. Mais ce filigrane est un indice, pas une preuve : facile à effacer en réécrivant, invisible pour le grand public. Ne comptez pas sur lui pour trancher entre humain et IA. Comptez sur votre propre relecture, qui reste le vrai contrôle humain.

Sources

Portrait de Daniel, fondateur d'IA du Dimanche

Écrit par

Daniel

Professionnel des achats, j’utilise l’IA au quotidien dans mon travail et je raconte ici ce qui marche vraiment, et ce qui coince. En savoir plus

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