Reconstituer une année de travail de mémoire pour son entretien annuel est long et imprécis. Un retour d’expérience publié par l’université Duke montre une autre approche : confier à Microsoft Copilot la collecte des faits dans vos e-mails, réunions et notes Teams, puis rédiger et juger soi-même.
L’essentiel en 30 secondes dans notre Short :
Ce qui se passe
Le 17 avril 2026, Stephen Toback, de la Duke Digital Media Community, a décrit comment il a préparé son évaluation annuelle avec Microsoft Copilot. Son prompt demande à l’assistant de parcourir ses e-mails, ses réunions et ses notes Teams, en précisant la période, son changement de poste en cours d’année et les projets à couvrir. Les questions du formulaire sont ensuite posées une par une, avec une réponse « brève mais complète ».
L’auteur insiste : l’outil joue le rôle d’archiviste et d’aide à la rédaction, il ne fait pas l’évaluation à sa place. Il précise aussi qu’il ne recommande pas cette méthode comme standard de son département : la décision d’utiliser Copilot pour la gestion de la performance revient à la direction et aux RH.
Les repères à retenir
Ce sujet ne repose pas sur des chiffres, mais sur une méthode en quatre points tirée du retour d’expérience :
- Une période précise : pour éviter que l’outil remonte des réalisations d’une autre année.
- Le contexte de poste : un changement de rôle, signalé dans le prompt, aide à classer « avant » et « après ».
- Des points d’ancrage : projets et outils cités nommément, pour écarter le bruit.
- Un brouillon Word intermédiaire : l’auteur ne colle pas le résultat directement dans l’outil RH officiel, d’abord pour relire le ton et l’exactitude, ensuite parce que des modifications saisies dans ce portail web ne se sont pas toujours enregistrées.
Les limites à nuancer
Il s’agit d’un témoignage individuel, présenté par son auteur comme une preuve de concept, pas d’une étude. Copilot ne voit que ce à quoi la personne connectée a déjà accès, comme le rappellent des échanges de la communauté Microsoft : les arbitrages pris à l’oral ou hors réunions transcrites lui échappent. Ces mêmes échanges conseillent de traiter le résumé comme un premier jet, car l’outil peut manquer de nuance ou donner trop de poids à un seul retour.
Autre point relevé par Duke : lorsque l’auteur a demandé à Copilot de rédiger un billet de blog sur cette expérience, l’outil a renvoyé une erreur, sans explication. Il a contourné le problème avec une capture d’écran confiée à un autre assistant. La leçon est simple : prévoir une solution de repli.
Ce que ça change au travail
Pour le salarié, le gain est surtout la collecte : retrouver dates, livrables et échanges sans fouiller dix boîtes de dossiers. Il reste à faire le travail qui a de la valeur : choisir ce qui compte, le replacer dans la stratégie de l’équipe, et assumer l’analyse devant son manager.
Côté entreprise, la question est celle des règles. Des établissements comme Ithaca College encadrent l’usage : Copilot connecté à un compte institutionnel, relecture obligatoire des résultats, assistant dédié aux auto-évaluations adossé aux documents des RH. Avant de l’utiliser, vérifiez la politique de votre société sur les données internes et sur l’IA dans les processus RH.
Notre avis
C’est un bon usage de l’IA : elle fait gagner du temps sur la mémoire et l’archivage, l’humain garde le jugement. Le risque est de prendre un dossier de preuves pour une évaluation complète : il reflète ce qui a laissé une trace écrite, pas tout ce qui a compté. À utiliser avec relecture, et avec l’accord des règles de votre entreprise.
Un prompt à adapter
Voici une version générique, inspirée de la méthode de Duke et à adapter à votre contexte :
Je prépare mon auto-évaluation pour ma revue de performance annuelle. J’ai besoin de ton aide pour construire un dossier factuel et structuré à partir de mes données de travail.
Parcours mes e-mails, mes réunions Teams, mes fichiers OneDrive/SharePoint, mes documents et mes conversations des 12 derniers mois.
Je ne te demande ni note, ni jugement sur ma personne. Je te demande une synthèse neutre de ce que mes traces de travail montrent, pour que je puisse défendre mon bilan avec des preuves.
Livre-moi :
- Réalisations clés : les projets, livrables et décisions auxquels j’ai contribué, avec dates et résultats observables.
- Impact et collaboration : les équipes et personnes avec qui j’ai travaillé, les situations où j’ai aidé, débloqué ou piloté un sujet.
- Compétences démontrées : les compétences qui ressortent de mes travaux, chacune illustrée par un exemple concret.
- Retours reçus : les feedbacks, remerciements ou critiques présents dans mes messages, cités tels quels avec leur source.
- Axes de progrès : les points qui semblent récurrents (retards, sujets restés ouverts, difficultés signalées), formulés de façon constructive.
- Analyse de tendance : comment ma charge et mes priorités ont évolué sur la période.
- Brouillon d’auto-évaluation : un texte de 300 mots à la première personne, prêt à adapter, appuyé sur les faits ci-dessus.
Pour chaque point, indique ta source (type de document, date). Si les données sont insuffisantes sur un point, dis-le plutôt que d’extrapoler. Reste factuel et descriptif.
Sources
- Source primaire : Stephen Toback, Duke Digital Media Community, Streamlining the Performance Review – Using Copilot as Your Executive Assistant, 17 avril 2026.
- Ithaca College, AI for Self Evaluations and Performance Reviews et Microsoft Copilot: Performance Evaluation Agent.
- Microsoft Tech Community, Can Copilot help summarize employee feedback and review data? (discussion de la communauté, avis d’utilisateurs).


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